Techtera, pôle de compétitivité des textiles et matériaux souples
L'IMP : un labo pour l'avenir des polymères
"Ici, pas de scientifiques dans leur tour d’ivoire ». La philosophie du laboratoire d’Ingénierie des Matériaux Polymères (IMP) pourrait se résumer à cette petite phrase lancée avec bonhommie par son directeur-adjoint, également directeur du site de l’IMP de Lyon 1, le professeur Philippe Cassagnau. Ou à un maître mot : l’ouverture.
Pas question pour l’équipe, dont une partie est installée sur le campus de Lyon 1, à la Doua, à Villeurbanne (69), de dénicher des molécules et de doter les matériaux de fonctions inédites sans qu’un jour ou l’autre, cela débouche sur des applications concrètes.
Résultat : depuis sa création, en 1975, le labo entretient les collaborations avec l’industrie. Une douzaine de projets sont en cours, dans tous les domaines. Objectif : innover dans la chimie et les procédés des polymères pour leurs formulations. L’IMP est un des rares laboratoires français dont les recherches couvrent la totalité de la chaîne, depuis la molécule jusqu’à l’objet polymère. De la chimie à la physique. De la synthèse à l’application.
Une brosse à dents ou un pneu
« La définition d’un matériau polymère ? C’est une bonne question. Un polymère, ça peut être une brosse à dents ou votre pneu de voiture ! En gros, un matériau polymère se définit à travers sa fonction ». Passionné par le sujet – il a consacré sa thèse de doctorat à la physique et la rhéologie des matériaux polymères et réalisé plus de 140 publications sur le sujet -, Philippe Cassagnau pourrait multiplier les exemples quotidiens de ces matériaux composés de macromolécules et omniprésents dans notre vie, sous forme de caoutchoucs, de plastiques, ou de matières thermodurcissables. Mais là n’est pas le sujet. Ce qui compte, c’est l’avenir.
Une impulsion pour la R&D
« L’important, c’est d’aller toujours plus loin. Les entreprises mènent de nombreuses recherches sur les polymères. Mais pour réaliser de véritables sauts technologiques ou scientifiques, elles ont besoin des chercheurs. Bien sûr, chacun reste dans son domaine de compétences : le chercheur développe la connaissance, l’industriel met des produits sur le marché. Ce que nous faisons ici, dans notre laboratoire, sera utilisé par les industriels dans les années à venir ». En amont, l’IMP développe de la recherche fondamentale à vocation applicative et cherche des solutions aux défis qui lui sont posées par les entreprises, En aval, l’industrie innove dans les nouveaux marchés, voire les ouvre. Le tout dans le cadre de partenariats multi-acteurs recherche-industrie, dans tous les secteurs et dans tous les types d’entreprises.
« La proximité avec notre environnement économique est inscrite dans l’histoire du laboratoire. C’est certainement lié à la personnalité des dirigeants successifs. A l’origine, nos collaborations se sont plutôt construites avec de grands groupes. Avec la création des pôles de compétitivité et le développement des projets collaboratifs, nous travaillons avec de plus en plus de PME ».
Des tôles acier-polymère pour l’automobile
Des géants comme Arkema, Rhodia, Hutchinson, Bluestar, Leroy Somer, ArcelorMittal, Plastic Omnium, Schneider, Nexans, Porcher Industries, Michelin ou Peugeot sont parmi les partenaires historiques du labo de Lyon 1. En jeu par exemple, la conception de tôles acier-polymère pour l’allègement des structures dans l’automobile, l’élaboration de thermoplastiques vulcanisés nouvelle génération et de composites à base de graphène. Sans oublier le recyclage et la valorisation des déchets polymères, le développement de biopolymères etc…
Engagé dans 3 des projets de R&D labellisés par Techtera, Ecomat, Silicotex et Matbiotex, l’IMP travaille sur la formulation de silicones sans composés organométalliques à base d’étain, pour l’industrie automobile, de fibres textiles nanostructurés à base de silicone, ou de fibres à base de dérivés de carapaces de crustacés, pour des applications médicales. « Un projet collaboratif implique davantage de partenaires que le classique duo entreprise-labo. C’est donc plus complexe et plus contraignant. Mais c’est très positif, dans le sens où ces projets ont donné une véritable impulsion à la R&D, en France. Pour les PME, ça leur a permis de découvrir le monde de la recherche dont elles étaient éloignées, pour ne pas dire méfiantes. A une condition : les orientations et les apports de chacun des partenaires du projet doivent être clairement définis. Quand c’est le cas, ça marche bien ».
L’idéal, à terme, de ce chercheur pragmatique ? « Rendre à la recherche son rôle de pilote du développement dans le monde industriel. C’est peut-être un peu ambitieux, mais, après tout, pourquoi pas ? ». Idéaliste, mais pas tant que ça : chez les Cassagnau, on a les pieds sur terre. Originaire des appellations viticoles du sud-ouest, la famille préside aux destinées du petit village de Castetpugon, dans le Madiran, depuis la Révolution…
Ingénierie des Matériaux Polymères
UMR CNRS 5223 Site Université Claude Bernard Lyon 1
Bâtiment ISTIL 15 bld Latarjet
69 100 Villeurbanne
04 72 44 81 58
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www.imp.cnrs.fr











